Tour de Constance La Tour de Constance et mes ancêtres.



La tour de Constance, la plus grosse tour de l’enceinte médiévale d’Aigues-Mortes, est surtout connue pour avoir servi de prison à des protestants emprisonnés pour la Foi et surtout Marie DURAND qui y passa 38 ans, enfermée âgée d’à peine 15 ans et libérée déjà bien vieille pour l’époque pour le seul motif d’être la sœur d’un pasteur clandestin.


Il est moins connu qu’avant d’y accueillir des prisonnières, le Roy y hébergea des prisonniers.


C’est ainsi que mon ancêtre Pierre CASSAGNAS, Sosa n°418, y fit un séjour au printemps 1705, écourté par sa participation à l’évasion du 25 juillet 1705, contée en détail dans les « Mémoires » d’Abraham MAZEL et Elie MARION, rééditées en 1983 par les Presses de Languedoc.


Pierre CASSAGNAS, bourgeois de Vézénobres et homme d’affaire de M, de Calvière, était fils d’Antoine CASSAGNAS et Françoise DEVEZE, d’une famille très protestante. Par sa mère, il descendait de diverses familles de gentilhommes-verriers dont les de MONTOLIEU.Il avait épousé en 1701 Gillette RAVAILLE, fille du maître boulanger de Vézénobres, d’une famille « ancienne catholique » venue de Réquista en Rouergue au début de XVIIème siècle. A son mariage, deux enfants étaient présents sous l’étole c’est-à-dire nés « hors des liens sacrés du mariage »; il est vraisemblable que le père s’était opposé à ce que l’union de son fils soit célébrée dans la cathédrale d’Alais. Le motif de son emprisonnement reste inconnu mais je suppose qu’il était soupçonné de complicité dans l’agression de l’abbé CAHUZAC, prieur de sa paroisse au début de l’année 1705. En novembre 1705, sa femme accouche d’un fils né posthume, qui fut baptisé Jean. On peut penser que les participants à l’évasion se sont dispersés dès l’alerte donnée et que certains se sont noyés dans les marais entourant Aigues-Mortes ou bien le père étant encore recherché préférait qu’on le crût décédé !

                                                                                                               


La ville fortifiée d’Aigues-Mortes participait à la ceinture de villes fortifiées qui garantissait les frontières de la France. Ces forts étaient gardés par des compagnies d’invalides c’est-à-dire de soldats assez valides malgré tout pour assurer des gardes statiques.

Vers 1720, le capitaine d’une des compagnies d’invalides d’Aigues-Mortes est Pierre BLONDELA, Sieur de Taizy, mon ancêtre n° 364. Né à Château-Porcien (Ardennes) en 1658, marié en 1709 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et décédé à Aigues-Mortes le 2/09/1727. Son épouse, Marie CAHOURS décédera en 1754 à Saint-Malo. Deux petits fils furent officier de marine et décédèrent l’un, capitaine de brûlot, en 1782 dans l’Océan Indien et l’autre en 1788 à Vanikoro dans l’expédition de LA PEROUSE.


S’il avait vécu quinze ans de plus il aurait pu être le geôlier d’une ancêtre, Marie GALARY, Sosa n° 829, arrêtée pour avoir assisté à l’Assemblée clandestine du Col de Mouzoules le dimanche 22 avril 1742. Six autres femmes furent arrêtées dont une ne rejoignit la Tour de Constance que quelques mois plus tard avec le bébé dont elle venait d’accoucher. Trois hommes furent faits prisonniers et moururent dans le mois qui suivit leur arrivée aux galères à Marseille bien qu’ils ne fussent âgés que d’une trentaine d’années. Ils étaient trop habitués à l’air pur des Cévennes.

Madeleine GALARY, épouse de Jean NISSOLE d’Avèze, était âgée d’une soixantaine d’années et ne supporta que trois ans l’inconfort de cet hébergement. Elle a dû se retourner dans sa tombe quand son petit fils, Jean LAUZY, se fit prêtre et souffrit sous la Révolution !


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